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Essai bateau sur l’Oceanis 411

by Aurélie Renier

Construit à plus de 1200 exemplaires entre 1996 et 2003, ce “plus de 12 m” a été et demeure toujours le vrai best seller dans les gammes des voiliers OCEANIS Bénéteau. Conçu en 3 versions, Clipper, Performance et Célébration, l’Oceanis 411, spacieux et sécurisant, est très présent sur le marché de l’occasion.

3 versions

La version Clipper est la première version du modèle commercialisé dès 1996, elle est déclinée en GTE 2 m (Grand Tirant d’Eau) et PTE 1,70 m (Petit Tirant d’Eau). L’Oceanis 411 Performance, lancé en 2002, plus long de 40 cm et allégé de 700 Kg, n’existe qu’en grand tirant d’eau: 2 m. L’Oceanis 411 Célébration, lancé en 2003, mât plus haut de 80 cm, plus 5 m2 de surface de voile, moteur plus puissant (56 CV Volvo), tirant d’eau 2 m. GV full batten, drisses dyneema, électronique et traceur Raymarine en standard.

Le 411 vu du quai

Qu’il est joli ce bateau vu du quai dans sa livrée bleu marine, avec sa grande barre à roue et son cockpit latte de teck ! Une poupe arrondie, des hanches, une jupe spacieuse, montons à bord !

Une mèche de safran en composite

Une nouveauté technique sur ce bateau construit en stratification de polyester monolithique, c’est la mèche de safran composite. Près de 3 fois plus résistante que l’acier, elle ne plie pas. Le safran et la mèche sont réalisés d’un seul tenant, ainsi pas d’entrée d’eau à craindre à la jonction des deux éléments. Ce matériau offre également une rigidité optimale pour cette pièce soumise à de fortes contraintes.

Un poste de pilotage très bien pensé.

On entre à bord sans être gêné par la grande barre à roue (le bateau fait 4 m de large) que l’on contourne facilement. Elle est montée sur pied faisant office de pied de table de cockpit et comportant une console inclinée qui reçoit les instruments. Sur cette console, les commandes du pilote, les instruments, la jauge de fuel et le compte-tour. La manette des gaz se trouve sous la main, sur le côté gauche de cette console. Un volet en plexiglas fumé rabattable protège les instruments en navigation. Le siège du barreur est légèrement surélevé pour une bonne vue vers l’avant. A portée de main, on trouve deux gros Lewmar 48 self tailing.

Le cockpit contient encore une table permettant de s’installer confortablement à 4 adultes. Le fond du cockpit et les bancs (il y a de la place là-dessous !) sont recouverts de teck. C’est un cockpit confortable et aussi un poste de barre efficace. Pas de doute, on est à bord d’un vrai voilier…

En avant, vers l’avant !

Même si les passavants ne sont pas très larges, particulièrement à l’arrière, on gagne facilement le mât. En navigation, pas besoin de s’y rendre, les commandes étant toutes renvoyées au roof. Seul le taquet de la balancine reste sur le mât. A l’avant, on trouve une baille à mouillage conséquente et une ferrure d’étrave massive. Le davier double dont l’une des gorges est décentrée permet le maintien à poste du mouillage principal.

Un gréement simple et efficace

Le gréement dormant est de type monotoron, étai, bas haubans avant, galhaubans, bas haubans, pataras double. La grand-voile semi-lattée, dispose d’un lazy-bag. A l’avant, le bateau est équipé d’un génois sur enrouleur Facnor de 140% de recouvrement.

Les versions Célébration disposent, quant à elles, d’un mât plus haut permettant de monter une grand-voile plus puissante, full batten, sur chariot à billes. Elles possèdent 2 ris seulement, mais le premier est en réalité un “très gros premier ris” qui correspond plutôt à 1,5 ris. Le second fait office de troisième ris… Très conceptuel tout ceci, mais j’aurais préféré un vrai 3è ris pour s’affranchir du vrai mauvais temps.

Un carré vraiment très accueillant

Avec ses deux banquettes se faisant face, toutes munies de dossier, et la qualité de la menuiserie et des vernis, on est plongé de suite dans l’ambiance Yacht club: vernis sombres, tissus bleus.
Les banquettes recèlent beaucoup de volume de stockage. Les vernis de la table sont impressionnants même sur un bateau affichant déjà 17 années (2002) comme celui que j’ai sous la main. La table en question peut d’ailleurs s’abaisser en mode “table basse” ou servir de sommier pour transformer le carré en couchettes supplémentaires. La cuisine en longueur dispose d’une main courante solide, j’y ai rattrapé mes 125 kg, -c’est une sorte de crash test!- mais n’offre pas de plan de travail en dehors du dessus du frigo. Au sol, le contre-moule joue parfaitement son rôle, il n’y a pas un seul recoin difficile d’accès. Une charmante petite bibliothèque est installée à tribord dans le carré, parfaite pour recevoir les œuvres complètes de Conrad, Melville, Moitessier, Tabarly autres !

De la place pour les grands

La hauteur sous barrots permet aux grands formats de se déplacer partout sans rentrer la tête (jamais moins de 1m92/93 sauf aux passages de portes). Il me faut un peu m’habituer, au début, et ce n’est qu’après une nuit à bord que je sors la tête des épaules en me déplaçant à l’intérieur !
Gros bon point pour les couchettes doubles des cabines arrières 2 m de long sur 1,85 m de large ! La cabine avant offre une couchette de 2 m x 1,45 m, déportée sur le côté, et, comble du luxe, un canapé ou s’installer pour lire, au calme et sans devoir retirer ses chaussures. La version essayée comporte 3 cabines et deux salles d’eau. La pointe avant est occupée par une salle d’eau bien pensée pour cet espace exigu et rendant les couchettes en pointe si inconfortables. La table à carte est spacieuse et il y a toute la place pour installer l’électronique de son choix.

Essai en mer

Après une semaine de mistral, que nous suivions sur Windguru depuis la semaine passée en espérant pouvoir en profiter, il n’y a plus de vent ce matin quand on appareille du port de Hyères en direction des îles. Nous avions pourtant prévu un équipage solide, les bottes et salopettes de quart ! A la sortie du port, pétole. On s’éloigne au moteur (Volvo 56 chevaux) de l’abri formé par la presqu’île de Giens à vive allure. 6,5 noeuds à seulement 2200 tours !

C’est très pratique de disposer des commandes moteur à portée de main à la barre et de ne pas être obligé de se contorsionner pour les atteindre au ras du sol… Puis, enfin, une petite brise sud-ouest se lève et s’établit à 5 nœuds. Je place le bateau au grand largue dans la direction qui nous intéresse et le bateau accélère et accroche quand même les 3 nœuds. Je suis d’autant plus surpris qu’on m’avait décrit ce bateau comme mauvais marcheur au petit temps. La position de pilotage debout est parfaite, la barre est légère à souhait (un seul secteur de barre) et la vue est parfaite que l’on soit assis ou debout. Je profite de ce temps de demoiselle pour tout faire moi même, les gros winchs arrière sont faciles d’accès et on parvient sans aucune difficulté à rejoindre le roof pour gérer la grand voile en laissant le bateau entre les mains du pilote. Le vent monte à 12 nœuds, et les manœuvres restent très faciles par ce temps de demoiselle.

Contre toute attente, on aura apprécié les volumes de stockages intérieurs, capables d’accueillir les inutiles équipements de mauvais temps de 5 adultes sans transformer l’intérieur du bateau en capharnaüm.

Conclusion

Ces quelques jours passés à bord de cet Oceanis 411 m’ont permis de faire connaissance avec un bateau que je regardais de loin mais que je considère désormais avec beaucoup plus d’attention et d’intérêt : Stabilité en marche, motorisation importante, simplicité, volume de stockage, qualité des aménagements intérieurs, les avantages ne manquent pas. Il a rejoint ma short-list des voiliers d’occasion abordables et polyvalents.

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L’article est rédigé par François Meyer.

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