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Essai Bateau sur le Lagoon 380

par Aurélie Renier
lagoon 380

Le Lagoon 380 constitue probablement le type de catamaran le plus vendu à ce jour, avec plus de 800 exemplaires écoulés sur une période de près de 20 années. Quelle est la recette de ce succès planétaire ? Montons à bord et essayons-le pour nous en rendre compte…

Le Lagoon 380 à beau être le cadet de la famille des Lagoon, son habitabilité intérieure est celle d’un monocoque de 60’ : Une master cabine occupant toute une coque, et deux cabines invités…

Le design de carène est imaginé par VPLP: cabinet d’architecture navale qui a conçu et dominé la classe de multicoques Open 60 en Europe.

Les coques les plus larges du marché à l’époque du lancement

Lors du lancement, les coques étaient connues comme les plus larges du marché, offrant de l’espace intérieur et une flottabilité accrue. La hauteur de pont serait toujours une des plus hautes du marché actuel, ce qui limite les bruits d’eau entre les flotteurs. Cette hauteur présente néanmoins l’inconvénient de générer un fardage très important. On ne peut pas tout avoir !

Le Lagoon 380 est disponible en deux niveaux de finition : Club ou Premium, le club étant davantage destiné au charter et dispose de 4 cabines.

Le Lagoon 380 symbolise parfaitement l’esprit multicoque avec un vaste espace de vie de plain-pied, tant couvert qu’extérieur, séparé uniquement par une porte coulissante.

La cuisine comporte deux éviers en acier inoxydable, une table de cuisson à gaz à trois brûleurs, un four, un réfrigérateur à ouverture frontale plus grand que la normale et un volume de stockage raisonnable.

Un refroidisseur à boissons est installé juste à l’extérieur de la cuisine, sous un siège, mais je serais tenté de le remplacer par un réfrigérateur / congélateur portable plus utile pour les longs trajets.

A l’intérieur, côté bâbord, la table à carte dispose assez d’espace pour y monter toute l’électronique dont vous pouvez avoir besoin. La table elle-même permet de déplier une carte et dispose d’un tabouret.

Le carré est aéré avec ses hublots verticaux offrant une vue à 360 degrés sur les environs.

Une vrai master cabine

En descendant vers les cabines, direction la Master suite à tribord. Disposant d’un lit queen-size, l’espace privatif propriétaire peut être isolé du reste du bateau par une porte de descente coulissante. La salle de bains privative dispose d’une immense douche à l’italienne, de toilettes marine et d’une coiffeuse. Notre bateau d’essai était équipé d’un réservoir de rétention supplémentaire car le bateau standard est uniquement livré avec un réservoir dans la coque bâbord.

Dans la coque bâbord de ce Lagoon 380, une cabine avant et une arrière, qui disposent toutes deux d’un grand volume de rangement. La cabine arrière bénéficiant d’un lit queen-size et la cabine avant d’un double. Entre les deux, est installée une grande salle d’eau avec une WC marin et une douche. Comme avec la cabine du propriétaire, la hauteur sous barrots est généreuse à environ 1,95 m. Toutes les cabines ont des hublots et des trappes ouvrants pour dévier la brise marine et ainsi ventiler le bateau.

Les grandes fenêtres rectangulaires dans les coques fournissent une belle vue mer tout en préservant l’intimité grâce à leur effet réfléchissant.

Harken, what else ?!

De retour sur le pont, aucune mauvaise surprise en vue grâce à l’accastillage Harken, y compris les Winchs self-tailing sur le dessus du roof. L’écoute de Grand-voile est renvoyée au fond du cockpit.

Du stockage à foison

Partout de la place, du stockage en abondance. Dans les pointes, les espaces de rangement sont séparés les uns des autres, faisant ainsi office de cloison étanche. Ils sont à ce point profond qu’on y loge facilement une annexe dégonflée ou un moteur.

Mais ce bateau est équipé de bossoirs à l’arrière afin d’éviter les complications ! A la base du mât, un grand coffre contient le réservoir d’eau de 300 L (centrage des poids). On peut aussi y installer un générateur.

L’accès à l’eau pour un plongeon se fait du côté bâbord via l’échelle de bain en acier inoxydable. C’est de ce côté que se trouve la douchette de pont.

Moteurs

Les deux moteurs Volvo D1-30 saildrive (30 HP en option) développent une puissance suffisante pour tirer le bateau d’un mauvais pas pendant plusieurs de nombreuses heures. Les 20 HP montés en standard sont un peu courts à mon sens. Le chantier a aussi monté des 3 cylindres Yanmar, très fiables eux aussi.

On accède facilement aux moteurs depuis les plateformes arrières cette localisation facilite la maintenance et limite le bruit dans les cabines arrières.
A huit nœuds au moteur, on consomme environ 12 L/H. A 2000 RPM, 6,5 nœuds et seulement 4 L/H.

Larguons les amarres!

Sur ce genre de catamaran, l’expérience utilisateur recherchée est centrée autour de la facilité d’utilisation. C’est très réussi, toutes les manœuvres reviennent au poste de barre via des winchs bien placés.

Les commandes moteur tombent sous la main, la visibilité est excellente. Le gréement dormant se compose d’un mât alu à simple barre de flèche poussante, des haubans et bas haubans et un étai monté sur la poutre transversale.

La grand-voile, d’une surface de 47 m2 est entièrement lattée et équipée de deux bosses de ris, d’un lazy-bag et de lazy-jacks. Le génois (30 m2) est monté sur enrouleur.

La météo du jour est très clémente. C’est dommage car le Lagoon 380 est puissant sous voiles et mouille peu de surface de coque, ce qui lui permet d’atteindre des vitesses intéressantes sous voiles sans forcément beaucoup de vent.

Dans 7 nœuds de brise, nous dépassons les 5 nœuds au portant et atteignons les 4 au travers. Les sensations de barre sont très moyennes, mais on n’est pas là pour barrer au quart de poil cet engin énorme au fardage conséquent.

Le bateau fait un relativement bon près et parvient à s’approcher facilement à 50° du vent. C’est dû aux petites quilles contenant le lest situées sous les flotteurs. Celles ci protègent les fonds d’un éventuel talonnage et accentuent la raideur à la toile.

A la barre, on est à la fois bien protégé et en contact direct avec l’équipage, c’est plaisant et l’absence de flybridge constitue un atout à mes yeux, on limite le fardage et la complexité des systèmes.

Conclusion

Bien que je sois et demeure un amateur de monocoque, je dois dire que les catamarans modernes, et ce Lagoon 380 en fait toujours partie, offrent bien des avantages. De la place, une navigation à plat quelle que soit le temps et, même, si ils ne capent pas si bien qu’un monocoque, la puissance des moteurs peut pallier sans soucis à ce défaut.

Il n’y a que par mauvais temps que les monocoquess conservent tout leur avantage, car, si on les pilote aussi la main sur l’écoute de grand-voile, le risque de retournement reste bien moindre qu’à bord d’un multicoque. !

L’essai est rédigé par François Meyer.

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