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Fly or not ? Le choix de l’altitude !

par Vinciane Ruscon

Opter pour un bateau doté d’un flybridge, offre à l’équipage de prendre de la hauteur par rapport à la mer et à son environnement. Par beau temps et belle mer, c’est un véritable plus, mais au prix d’un encombrement et d’un fardage qui ne se justifient pas toujours…

Alors qu’il a longtemps été associé au pont de pêche des trawlers, le flybridge se généralise. Les concepteurs des bateaux modernes, ont choisi d’en faire un espace pratique et convivial. Lorsque les conditions sont clémentes et le temps chaud, il y fait bon vivre. Il faut avouer qu’à l’usage, cette option présente des attraits incontestables, mais présente également quelques limitations et contraintes. Mieux vaut les mesurer avant de porter son choix sur l’une ou l’autre des versions.

De quoi parle-t-on ?

Le Flybridge, qu’en toute immodestie on pourrait traduire par « pont supérieur » est en fait une terrasse, placée au dessus de la timonerie et comportant un poste de pilotage supplémentaire. Cet espace regroupe des banquettes, un coin repas, voire une cuisine d’été. Ce plateau agrandit largement le bateau en offrant à l’équipage un lieu de vie supplémentaire. Ce dernier constitue une extension conviviale et particulièrement agréable lors des escales. Depuis cette position surélevée, l’on dispose d’un point de vue parfait pour l’observation de tout ce qui entoure le bateau, mais également à l’occasion des manœuvres de port. Depuis sa « passerelle », le pilote peut ainsi accoster avec une précision si jubilatoire, que lorsqu’il a goûté à cette facilité, il lui est bien difficile de revenir en arrière !

Un agrément certain…

Outre cette position dominante lors des manœuvres, le flybridge procure un espace ouvert et lumineux, que l’on associe volontiers aux loisirs nautiques et à la belle saison. C’est d’ailleurs sa véritable limite : dès que le vent se fait frisquet, l’équipage grelotte, déserte et rentre vite à l’abri. C’est donc un espace de beau temps, mais aussi de mer calme. La situation en hauteur accentue les effets du roulis. Dans ces conditions, le séjour y devient vite inconfortable, même lors d’un mouillage relativement peu agité. En clair, l’expérience montre que le « fly » est surtout utilisé par très beau temps, ou en escale dans une marina abritée. Si l’essentiel de vos navigations ont lieu dans ces conditions, n’hésitez pas, le « fly » est fait pour vous.

…mais aussi quelques contraintes !

Cet équipement a pourtant son revers : s’il offre un espace supplémentaire à l’équipage, il en retire à la capacité de transport du bateau. Si le « toit en dur » ou hardtop est occupé par le flybridge, où arrimer alors les planches de paddle ou le kayak qui offrent d’aller découvrir les criques ? Où placer la bouée ou les skis ? Un dilemme d’autant plus crucial que le bateau est petit ! Doit-on s’encombrer d’un espace destiné au seul beau temps alors que l’on navigue d’un bout à l’autre de la saison ? A l’heure du choix l’augmentation du gabarit et le fardage sont également à considérer. Une telle masse placée en hauteur n’est jamais neutre en matière de prise au vent. De plus, selon les lieux où l’on navigue, la hauteur peut être un problème au passage des ponts, pour accéder au monde fluvial, ou pour un éventuel transport routier.

En avoir ou pas ?

Par temps chaud et mer calme, le flybridge présente un tel agrément que l’on ne voit pas, au premier abord, pourquoi s’en passe. L’espace additionnel et la vue étendue font qu’une navigation dans ces conditions restera dans les mémoires. Pourtant, si l’on navigue fréquemment sous des climats plus frais, avec des enfants, des personnes plus âgées ou plus sensibles au froid, le flybridge sera finalement très peu utilisé. Si en plus l’on fréquente couramment des mouillages sauvage ou encore que l’on envisage une petite escapade fluviale, on préférera sans doute se passer de cette option. Elle s’avérerait alors plus encombrante que réellement utile.

Pour…

  • – Un espace supplémentaire pour l’équipage
    – Un lieu convivial à l’escale et par beau temps
    – Une vue privilégiée sur le bateau et son environnement
    – Quel agrément pour les manœuvres !
  • Contre…

  • – L’espace de transport est très limité
    – Le fardage devient important
    – Le tirant d’air interdit l’accès à certains espaces, en particulier fluviaux
    – La hauteur démultiplie le roulis, au point de rendre le fly très inconfortable au mouillage !
  • L’article est rédigé par Olivier Chauvin.

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