Accueil Apprendre à naviguer Le vocabulaire de la mer… Un langage commun !

Le vocabulaire de la mer… Un langage commun !

par Aurélie Renier

Des mots au parfum salé, pour tout nommer à bord et autour ! Une langue marine, commune à tous, marins et plaisanciers. Pour que parlant le même langage, nous nous comprenions bien!

Les termes nautiques sont issus d’une longue tradition maritime et si nous utilisons un langage qui peut paraître obscur aux profanes, ce n’est pas par snobisme, ni pour la ramener au bistrot du port. C’est au contraire, que ces mots et expressions, nous permettent de partager une même langue et donc de communiquer avec efficacité et sans ambiguïté lors des manœuvres.

Un repère dans l’espace

Bâbord et tribord… pourquoi utiliser ces mots plutôt que droite et gauche ? Parce qu’ils sont plus précis et surtout sans ambiguïté ! Si l’on parlait de la gauche du bateau, il faudrait préciser « à ma » gauche, ou « en regardant depuis l’arrière ». Bâbord se suffit à lui-même et désigne toujours le même côté du bateau, où que l’observateur se place. Les exemples sont nombreux, de vocables ou d’expressions qui se réfèrent ainsi à un repère. Les règles de priorité des voiliers sont, par exemple, définies par rapport à l’amure, ce point axial, au bas d’une voile. Le bateau se présentant bâbord amure, et qui donc reçoit le vent de bâbord, doit s’écarter de la route d’un autre, tribord amure. C’est encore le vent, qui est pris pour référence lorsque l’on doit situer un point en mer. Celui-ci sera au vent ou sous le vent de notre bateau.

Fixe et mobile

A bord, on se réfère aux parties actives par opposition aux autres : les œuvres vives de la coque sont celles situées sous la ligne de flottaison, tandis que les œuvres mortes, sont situées au dessus. Elles émergent de la hauteur du Franc-bord. Les étais, haubans et pataras constituent le gréement dormant, tandis que les cordages mobiles, drisses, écoutes et tous les autres, en constituent la partie courante. Chacun a son nom, parfois de provenance étrangère, comme le barber-hauler, que l’on frappe sur un padeye, pour modifier le point de tire d’une écoute. A côté des mots récents et issus du monde de la course, il est amusant de constater que des termes venus de la marine à voile reviennent au goût de jour pour désigner des pièces de gréement moderne. C’est le cas notamment du bout-dehors et de sa sous-barbe.

Un mot pour chaque chose !

L’ancre dérapée, ou la bouée de corps-mort larguée… Les voiles sont hissées et étarquées, grâce à leurs drisses, puis l’équipier en règle l’orientation en bordant ou choquant l’écoute. Il règle la voile aux limites du faseyement, tandis que le barreur fait abattre ou loffer le bateau, selon que le vent refuse ou adonne. A retour, la voile est amenée et se pose sur la bôme, guidée par les lazy-jacks. Elle y est ferlée par des rabans, tandis que la balancine est raidie pour dégager le cockpit.
En poussant le panneau de descente, l’équipage gagne le carré. L’un s’allonge sur sa bannette, tandis que les autres partagent une plaque de chocolat tirée d’un équipet.

Même les péniches !

Le monde de l’eau douce a lui aussi ses références et son vocabulaire. Les rivières et les fleuves se différencient par ce que les premières confluent avec les seconds, qui se jettent dans la mer par un estuaire. Les canaux sont des créations humaines qui sont constitués de biefs, reliés par des écluses. Le niveau de celles-ci est ajusté par des vantelles, puis les portes s’ouvrent sur le sas dont les parois se nomment bajoyers. Après la bassinée, le bateau montant se range pour laisser la priorité à celui qui vient avalant. Il serre la rive droite, qui par convention est définie en regardant de l’amont vers l’aval.

Si nous utilisons ces mots, ces expressions ; si nous les perpétuons en les transmettant, ce n’est pas pour nous gargariser d’un quelconque savoir, ni pour nous sentir appartenir à une confrérie d’initiés. C’est juste que chacun de ces vocables désigne un objet, une manœuvre ou un endroit précis. Que sans eux, la communication serait moins claire, les manœuvres moins sûres et nos navigations moins belles. A qui découvrirait le monde du nautisme et souhaiterait en apprendre la langue, je suggère la méthode globale : plutôt qu’un dictionnaire ou un lexique, je recommande la lecture de récits de mer, d’articles spécialisées. Ainsi, lors de vos navigations ou de vos échanges avec d’autres plaisanciers, les mots trouveront leur sens et chaque choses sera désignée par son nom.

L’article est rédigé par Olivier Chauvin.

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