Accueil Guide Achat/Vente BateauEntretien de votre bateau Comment prendre soin de son pont en teck ?

Comment prendre soin de son pont en teck ?

par Stanislas Desmarest

Un pont en teck, c’est la classe ! C’est surtout un matériau solide, pratiquement imputrescible, naturellement antidérapant et agréable au pied. Quels sont les soins dont il a besoin pour rester en bon état ? Band of boats se penche avec vous sur la question.

Le teck a la particularité d’être un bois qui résiste bien aux intempéries et autres agressions extérieures grâce à l’oléorésine, le corps gras contenue dans ses fibres. Pourtant, avec le temps, les lavages, les UV, ou encore la pollution, il se salit, se tâche et surtout se grise. Avant d’agir, il importe de comprendre comment fonctionne et réagit ce matériau, afin de ne pas faire plus de mal que de bien ; et surtout, pour ne pas contrarier ses qualités naturelles par des produits trop agressifs ou inappropriés.

Les qualités naturelles !

Année après année, un arbre croit par cernes concentriques. Une fois débité, on retrouve ces cernes dans le bois, qui forment des fibres dures, séparées par une pulpe plus tendre. Plus l’arbre pousse lentement, plus les fibres sont serrées et donc, plus le bois est dense. Le teck est un bois relativement tendre, mais qui a la particularité d’être très chargé en oléorésine, une huile qui lui évite de s’imprégner des liquides extérieurs porteurs des bactéries qui amorceraient sa putréfaction. Il ne s’agit pas d’une barrière, mais d’une disposition naturelle qu’a le bois de teck à ne pas se laisser imprégner par des liquides extérieurs et nous allons faire en sorte, lors de l’entretien d’encourager cette tendance, plutôt que de dépenser de l’argent et de l’énergie à la combattre !

La pression osmotique !

Dans le nautisme, le mot d’osmose n’a pas bonne presse, alors que c’est un phénomène naturel que l’on pourrait décrire schématiquement comme le déplacement d’un liquide vers une surface salée. Le même processus, en fait que lorsque l’on fait dégorger un concombre ou que l’on sale un jambon pour favoriser son séchage et sa conservation ! Pour que le teck reste en bon état, il faut donc que le bois soit suffisamment humide et que sa surface soit bien salée, or l’eau salée est pour nous une denrée abondante ! Arroser son pont à l’eau de mer pour l’entretenir est donc pleinement justifié ! Ceci procure un regain de pression osmotique qui remet en route le cercle vertueux qui fait que le teck est protégé. Naviguer et arroser le pont est donc le meilleur entretien possible !

Haro sur l’eau douce !

Si l’eau salée préserve le bois, l’eau douce favorise le développement des bactéries responsables du pourrissement. On comprendra donc que rincer consciencieusement le pont à l’eau douce après chaque sortie est une hérésie et que les ponts en teck soient à bannir sur les bateaux appelés à séjourner longtemps en eaux intérieures. Un bateau qui reste au ponton et que la pluie rincera peu à peu du sel, verra ses boiseries s’abimer bien plus vite qu’un autre régulièrement soumis aux embruns. La solution logique est d’arroser régulièrement le pont à l’eau de mer, que ce soit après un lavage au jet ou en cours d’hivernage.

Doucement !

Au moment du grand lavage, attention de n’employer que des moyens adaptés et respectueux du matériau :
– On n’emploiera surtout pas de nettoyeur haute-pression qui creuserait immanquablement les crevasses, accéléreraient l’érosion du bois et pourrait lever des échardes.
– La brosse utilisée sera suffisamment douce pour ne pas marquer la pulpe du bois, et surtout on frottera de façon perpendiculaire aux fibres, pour éviter ce creuser les parties tendres.
– Nul besoin à ce stade d’un produit dédié : une eau légèrement savonneuse fera parfaitement l’affaire (des pros renommés se contentent d’un bouchon de shampoing bébé pour un seau d’eau…)
– Rappelons-nous que le teck est un bois gras et qui doit le rester ; donc pas de détergent qui dégraisserait la surface !
– A bord plus qu’ailleurs, les produits doivent être bio-dégradables, puisqu’ils partent directement à la mer sans retraitement !
– Lors du nettoyage, vérifiez qu’aucun joint ne s’abime. Le cas échéant, faites la reprise sans tarder, en employant un produit adapté.

Le pont nettoyé aura déjà meilleure allure ; le bois aura regagné en humidité et la grisaille de surface se sera estompée. A ce stade, vous pourrez choisir de laisser le bois naturel en l’arrosant simplement à l’eau de mer pour le resaler, ou de lui redonner l’aspect du teck originel. Pour cela, on appliquera à la brosse, un produit comme le Sun teck qui regarnira la surface en matière grasse et lui redonnera, du moins pour un temps, sa blondeur originelle.

L’article est rédigé par Olivier Chauvin.

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