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Rapatrier son bateau par tous les moyens !

par Aurélie Renier

Un bateau de plaisance navigue par lui-même, mais parfois, la distance est trop importante, et par manque de temps ou d’expérience, on doit confier son convoyage. Voici un panorama des différentes solutions.

Vous avez acheté un bateau dans les îles, de l’autre côté de l’Océan, ou ailleurs en Europe… En tout cas, bien loin du port d’attache que vous lui avez assigné et il vous faut le rapatrier. La première solution consiste à envisager de prendre le temps et la barre pour effectuer vous-même ce galop d’essai. Il s’agit d’une belle façon de débuter une relation avec son nouveau bateau, mais les pré-requis sont nombreux : il faut disposer du temps et de l’expérience nécessaire, être suffisamment en forme soi-même ou pouvoir réunir un équipage. Autant d’impératifs qui peuvent vous contraindre à faire appel aux services d’un professionnel.

La voix de l’eau douce

Pour passer d’une mer à l’autre, et si le gabarit du bateau l’y autorise, il est imaginable d’emprunter la voie fluviale. Le Canal d’Ille et Rance puis la Vilaine, par exemple, relient la Manche à l’Atlantique. Le Canal des 2 mers permet de passer de Sète à Bordeaux, tandis que de nombreux plaisanciers allemands, hollandais ou scandinaves enchaînent une jolie collection d’écluses pour rallier la Méditerranée depuis la Mer du Nord. Voici une navigation qui demande un peu de temps, mais qui peut aisément se faire par étapes, en laissant le bateau dans un port pour poursuivre aux prochaines vacances. Toutes les voies d’eaux n’ont pas les mêmes contraintes en matière de gabarit et on trouvera la plupart des renseignements utiles sur le site de Voie Navigable de France (www.vnf.fr), et même un calculateur d’itinéraire en fonction des caractéristiques de votre bateau.

Confier la barre

Eau douce ou salée, par manque de temps ou d’envie, vous pouvez préférer confier la barre. Pour l’eau douce, la référence est la revue ‘Fluvial’ (www.fluvialnet.com) où vous pourrez trouver un convoyeur dans les petites annonces, ou encore, les cartes utiles pour planifier votre trajet. En milieu marin, les convoyeurs sont nombreux à briguer ce titre, mais à qui faire confiance ? On peut consulter les sites (www.convoyagevoilier.com) de quelques uns qui ont pignon sur quai, afin de se faire une idée des tarifs et des prestations proposées. En plus du simple convoyage, il est parfois possible d’embarquer en temps qu’équipier, pour compléter son expérience à bord de son propre bateau. Pour le convoyage seul, les tarifs vont de 1 à 2,50 € du Mille marin, somme à laquelle il convient d’ajouter les frais de voyage et le billet retour. En fluvial, les tarifs commencent à une centaine d’Euros par jour.

Jonas et la baleine

On peut préférer charger son bateau à bord d’un cargo, en fret, comme un simple colis sanglé à son ber. Ce n’est pas la solution la plus simple à organiser lorsque l’on est un simple particulier, voilà pourquoi il est recommandé de faire appel à un transitaire qui organise l’ensemble des démarches : chargement, transport et formalités douanières. Là encore, la visite de quelques sites (www.outremertransit.com), donne une bonne idée des prestations proposées. Sur les destinations courues, il arrive qu’un transport par dock flottant soit proposé. Là, les « petits » bateaux entrent dans le ventre du gros par leurs propres moyens, ce qui évite bien des manutentions. Le cargo est ballasté et sa cale remplie d’eau. Une porte laisser entrer les bateaux, qui sont calés au fur et à mesure que la soute est vidée de son eau.

Maman les p’tits bateaux…

Parfois, il faut des roues aux bateaux ! Voilà sans doute le mode de transport le plus stressant pour le propriétaire, mais les chauffeurs de convoi exceptionnels sont des As qui manient avec une grande délicatesse leur encombrant chargement ! Au moment du choix, prenez un prestataire reconnu dans le nautisme : il disposera d’une remorque dont les patins et les suspensions sauront prendre soin de votre coque ! Les tarifs tiennent compte de la distance, mais surtout de la largeur du bateau qui impose ou non une escorte. Pour une unité d’un douzaine de mètres, comptez aux alentours de 3000 Euros pour un transport de Bretagne en Méditerranée.

En complément du transport, il faut prévoir de charger le bateau, et donc d’utiliser des moyens de manutention. Chaque fois que possible, on préférera du matériel portuaire, grue ou travel lift ; un engin dont vous n’aurez pas à régler le temps d’attente ! Une grue routière que l’on fait venir pour l’occasion, coûte plusieurs centaines d’Euros par heure, qu’elle travaille ou non. Autant dire qu’en cas de retard du transporteur, la plaisanterie prendra vite un goût… salé !

L’article est rédigé par Olivier Chauvin.

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