Accueil Apprendre à naviguer De la barre au safran, inspecter son gouvernail !

De la barre au safran, inspecter son gouvernail !

par Aurélie Renier

L’ensemble gouvernail, barre et safran, est sans doute l’élément de sécurité N°1, avant même le gréement ou la mécanique ! Band of boats vous explique comment en prendre soin !

Une avarie de barre est sans doute le plus sûr moyen d’aller à la côte, et certainement pas celle que l’on aurait choisie ! En tous cas, une panne de ce genre placerait le marin dans une impuissance totale. Raison de plus pour surveiller l’usure et les moindres signes de faiblesse de son gouvernail avant qu’il ne soit trop tard.

Quand les lames sortent !

Le safran extérieur est plus accessible qu’un autre, mais non moins fragile, et il ne faut pas manquer de vérifier que ses aiguillots et fémelots (et surtout leurs vis de fixation), ne présentent ni usure ni jeu. Un safran suspendu est plus difficile d’accès, aussi il ne faudra perdre aucune opportunité de s’assurer que tout va bien.

On profitera d’un échouage ou d’une sortie de l’eau pour vérifier qu’aucun jeu n’existe entre la barre et la pelle du safran. Le moindre battement aurait de graves conséquences en terme d’agrément et de finesse des sensations de pilotage, mais peut aussi être annonciateur d’une avarie plus grave. En orientant la lame de part et d’autre, on vérifiera qu’il n’existe pas non plus de point dur, signe probable d’une mèche faussée. On pourra s’assurer que le safran est bien aligné avec le reste du bateau en prenant du recul et en effectuant une visée avec la quille. On profitera de l’occasion pour vérifier qu’il n’existe pas de fissure, surtout autour de la liaison avec la mèche. Le cas échéant, ce serait le risque d’une entrée d’eau qui pourrait remplir le safran et le pourrir de l’intérieur.

Que le barre ferme !

On profitera de ce que le bateau est au sec, pour réparer le moindre choc avec un mastic époxy de qualité. Bien sûr, on soignera l’état de surface, le profil, mais aussi et surtout le bord de fuite qui doit former un plat vif (et non un arrondi) pour éviter de générer une trainée préjudiciable aux performances. Lors de l’application de la peinture sous-marine, on prendra soin d’être généreux avec les appendices et donc le safran. On n’oubliera pas le dessus de la pelle… Cet espace étroit et peu accessible entre coque et safran, que personne ne voit, et que nous sommes si nombreux à négliger…

Si l’on a constaté un défaut d’étanchéité au tube de jaumière ou au presse-étoupe, c’est le moment d’y remédier, tout comme on peut vérifier que les bagues ne sont pas usée en agitant la lame du safran, de gauche à droite et d’avant en arrière. Au moindre doute, n’hésitez pas à faire appel à un professionnel.

Et que tout le secteur est de mèche !

La barre franche peut avoir à encaisser des efforts importants, et dans un départ au lof, il sera un peu tard pour regretter d’avoir négligé le bois fendu ou la vis mal serrée… La commande de barre à roue doit aussi être vérifiée, et ce d’autant plus qu’elle est cachée et échappe donc plus facilement à la vigilance. Les bateaux à moteur peuvent être dotés de direction à câble (dont le mécanisme se vérifie et se lubrifie) ou hydraulique (qui requièrent peu d’entretien, à part le serrage des raccords et la vérification du niveau d’huile).

Sur la plupart des voiliers, la barre agit par des drosses passant dans des poulies. L’état des câbles, de leurs terminaisons, la lubrification des axes et des poulies ne doivent pas être négligées, tout comme les éventuelles traces d’électrolyse entre le secteur et la mèche (l’un étant généralement en aluminium et l’autre en inox, la corrosion entre les deux peut faire des ravages). Toutes ces précautions auront pour effet de rendre la barre plus douce et agréable et de limiter les risques de casse brutale.

Il n’empêche qu’une avarie de barre n’est jamais totalement exclue et que l’on y fera d’autant mieux face que l’on y sera préparé. Les bateaux équipés d’une barre à roue, sont obligatoirement dotés d’une barre franche de secours ; encore faut-il qu’elle ne soit pas enfouie dans les tréfonds du bateau et qu’elle soit réellement utilisable. Le plus sûr serait de l’essayer avant d’avoir à s’en servir ! Je ne saurais trop encourager les propriétaires de bateaux à barre franche, de disposer à bord d’un aviron de taille suffisante et d’une dame de nage, un ensemble capable de pallier à pas mal de situations critiques ; problèmes de gouvernail bien sûr, mais aussi avarie moteur, pour autant que l’on ait pris soin de s’initier au noble et indispensable art de la godille.

L’article est rédigé par Olivier Chauvin.

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